Cette petite victoire sur son rival lui fit tellement de bien qu’il renonça finalement à trouver ses parents et descendit au rez-de-chaussée faire de la place pour les fleurs, comme le lui avait demandé sa mère.
Il pénétra dans une pièce déjà passablement envahit de bouquets et jeta un regard circulaire avant d’aviser Chô en train de pleurer dans un coin.
Il s’avança timidement près d’elle, constatant que même si elle était devenue une belle femme, ses crises de larmes ne s’étaient pas améliorées.
Il posa néanmoins une main réconfortante sur son épaule et lui dit avec gentillesse :
- Ca va Chô ?
La jolie brune releva ses yeux humides pour le regarder et lui répondre d’une voix de canard :
- C… Ca va aller, merci. Les… Les mariages me font toujours pleurer…
Et sous son regard ébahi, ses sanglots redoublèrent.
Terrorisé par cette situation inhabituelle et qui lui échappait totalement, Ron préféra battre rapidement en retrait et grogna un vague « Si ce n’est que ça alors… » avant de se plonger dans le rangement des fleurs. Il savait que ce n’étaot pas très courageux mais d’un autre côté, il ignorait totalement quoi faire.
Chô l’observa un long moment et Ron lui jeta quelques regards en coin, redoutant une nouvelle crise.
Elle se leva enfin et vint l’aider sans dire un mot, lui souriant même parfois, ce qui le détendit instantanément.
Sa sœur et les jumeaux apparurent ce qui lui sembla une éternité plus tard. Il regarda ses frères avec méfiance mais ne fit aucun commentaire.
- Ron, demanda Ginny, tu sais où est Harry ?
Le jeune rouquin fixa sa sœur avec étonnement et une pointe de curiosité mais lui répondit tout de même :
- La dernière fois que je l’ai vu, il était dans le parc près de la fontaine.
- Ok ! merci, dit-elle alors en se précipitant dehors, sans lui accorder plus d’attention.
- Ca va Ron-Ron ? attaquèrent en duo ses frères. Tu tiens le coup ?
Il leur jeta un regard noir qui, il le savait, ne ferait qu’attiser un peu plus leurs boutades mais il était aussi bien curieux de savoir ce qu’ils avaient bien pu faire de leur temps puisqu’il ne les avait pas croisé aux cuisines.
- Où étiez-vous ? questionna-t-il avec colère. Je me suis tapé toutes les corvées tout seul !
- Ah mais c’est normal ! dit George.
- Après tout, c’est toi le témoin !
- Donc c’est un peu normal que tu mettes la main à la pâte, non ?!
Ron su qu’il ne tirerait rien de ces deux là et sortit donc en râlant avant qu’ils ne s’en prennent à lui.
Il savait que la cérémonie n’allait pas tarder à commencer et il se dirigea vers la petite chapelle pour prendre sa place de témoin près de l’autel.
Il croisa Ginny et Harry en pleine conversation, Harry plus abattu que jamais et Ginny au bord des larmes.
Igor Karkaroff suivait du regard le professeur McGonagall qui de son côté discutait avec le professeur Flitwick et lui jetait de temps en temps quelques coups d’œil.
Ron s’étonna alors de ne pas encore avoir croisé Hagrid. Le semi-géant avait pourtant été ravi d’apprendre le mariage d’Hermione. Il espéra secrètement qu’il serait à l’heure et surtout qu’il ne viendrait pas à dos de dragon !
En pénétrant dans la petite chapelle, il vit enfin ses parents. Sa mère vérifiait une dernière fois que tout était en ordre et son père parlait avec le portrait de Dumbledore. Il se demanda ce qu’ils avaient bien pu faire tout l’après-midi enfermés dans cette chambre et pensa un instant que c’était peut-être pour l’Ordre… Mais alors, pourquoi ne l’avaient-ils pas appelé ?
- Maman ? appela-t-il en s’approchant d’elle.
- Ah Ron ! Mon chéri ! s’exclama-t-elle en lui prenant les joues entre ses mains potelés. Comment tu te sens mon grand ?
De se voir ainsi traité encore comme un enfant le fit rougir et il se rebiffa avec mauvaise humeur.
- Ca va ! râla-t-il. Mais où étais-tu passée ? Je t’ai cherché partout !
Sa mère rougit de honte avant de froncer les sourcils.
- Ne me parle pas sur ce ton, Ronald Weasley ! Je te rappelle que je suis ta mère et que j’ai parfaitement le droit de m’inquiéter pour toi !!
Ron remarqua que, comme à son habitude, elle évitait soigneusement sa question en tentant de le faire culpabiliser. Il poussa un profond soupir.
- Excuse-moi. Je suis un peu sur les nerfs, dit-il tout de même.
- Je sais bien, mon fils. J’en ai parlé avec ton père et on a pensé que peut-être tu aimerais partir voir ton frère en Roumanie après le mariage… Histoire de te changer les idées…
Il releva vivement la tête pour fixer sa mère d’un air étonné. Alors c’était donc cela qu’ils mijotaient ? Ils voulaient le convaincre de prendre des vacances pour faire son deuil !
Il n’eut pas le temps d’en apprendre davantage car les invités affluèrent soudain dans la petite chapelle et sa mère se dirigea vivement vers sa place après avoir ajusté la cravate de son fils.
La musique commença rapidement à s’élever et son cœur se serra douloureusement. Cette fois, le destin était en marche et il n’avait même pas eu le temps de parler une dernière fois à celle qu’il allait perdre à tout jamais. Tout était allé trop vite… Et il avait manqué de courage…
Krum le rejoignit bientôt près de l’autel mais ignora totalement Ron.
Un silence de mort se fit dans la salle et seule la musique et quelques toussotements rompirent l’attente.
Bientôt, une ombre vint obstruer un bref instant le soleil qui inondait la grande porte d’entrée. Puis la silhouette s’avança avec lenteur et Ron découvrit le plus merveilleux de tous les spectacles.
Hermione, vêtue d’une longue robe blanche et fluide, agrémentée de roses noires, marcha jusqu’à l’autel. Elle croisa un instant son regard et son cœur cessa de battre. Il suffoquait d’amour pour elle.
Puis, elle se détourna et fixa Viktor avec un grand sourire.
Elle ne portait pas de voile et la lumière des vitraux dansait sur son visage si doux.
Elle arriva enfin à sa hauteur et s’arrêta près de son époux, lui tournant à moitié le dos.
Enfin, le prêtre commença la cérémonie et pas un seul instant Ron ne la quitta des yeux, observant chaque détail de la femme qu’il aimait tant. Que n’aurait-il pas donné pour être à la place du Bulgare ?!
Il était si obnubilé par Hermione qu’il ne vit pas le regard meurtrier que lui jeta Krum et, quand il leur tendit les alliances, il croisa enfin le visage assassin de son rival.
Les deux hommes échangèrent un regard haineux et Viktor passa enfin l’anneau au doigt de la jeune femme avant de l’embrasser avec fougue.
Ron crispa les poings de rage. Il savait qu’il avait perdu. Il savait qu’Hermione ne lui appartiendrait jamais plus mais il ne pouvait s’empêcher de haïr cet homme.
La suite se passa comme dans un mauvais rêve. Tout le monde applaudissait et félicitait les jeunes époux. Chô pleurait dans un coin avant de sortir précipitamment de la chapelle, bientôt suivit par les mariés et une pluie de riz et de pétales.
Des feux d’artifices de la boutique de farces et attrapes des jumeaux retentirent et l’allée fut illuminée de feux magiques sur leur passage.
Hermione s’arrêta alors au milieu du chemin et lança son bouquet de roses blanches et noires qui atterrit dans les mains de Luna, que Ron n’avait pas encore remarqué.
Tout le monde se dirigea vers l’arrière de la maison où un buffet les attendait et la fête commença.
Ron se sentait complètement vidé, porté par les évènements qui ne semblaient plus l’atteindre et glisser sur lui à une vitesse vertigineuse.
Plusieurs personnes vinrent lui parler et il répondit avec détachement, ne se souvenant ni des questions, ni de ses réponses.
Ginny avait traîné Harry sur la piste qui tentait de la calmer et de la ramener s’asseoir sans grand succès.
Puis Hagrid arriva enfin derrière lui et Hermione se précipita à sa rencontre.
- Hagrid ! s’exclama-t-elle. Vous avez pu venir !! Comme je suis heureuse !!
- Euh ! Oui ! Pardon pour le retard Hermione.
- Mais ce n’est pas grave Hagrid. Comment va Olympe ?
- Eh bien, en fait, elle vient de mettre au monde une jolie petite fille ! dit-il les yeux larmoyants.
Hermione lui sauta littéralement au cou.
- Félicitations Hagrid !!! C’est merveilleux ! Tu ne trouves pas Ron ?!
Elle s’était tournée vers lui, le regard brillant de mille étoiles et il sourit d’un air un peu crispé.
- Euh… Oui ! Félicitations Hagrid ! Je… Je ne savais même pas que Mme Maxime attendait un enfant.
- Oh, nous avons été très discret, nous ne voulions pas gâcher le mariage de notre Hermione !!
Ils rirent tous les deux et la nouvelle de la naissance fit en un rien de temps le tour de l’assemblée.
Hermione resta un long moment près de Ron sans rien dire puis, dans un sourire lui demanda :
- Tu ne vas pas danser Ron ?
- Oh… euh, non. Tu sais bien que je suis un piètre danseur !!
Il ri pour donner le change mais n’osait même pas la regarder.
- J’aimerai beaucoup danser avec toi, Ronald Weasley, dit-elle avec douceur, toujours souriante.
Ron rougit mais il du s’avouer qu’il mourrait d’envie de la tenir contre lui.
Très galamment, il s’inclina devant elle et lui tendit la main.
- M’accorderiez-vous cette danse Mademoiselle ?
Hermione se prêta au jeu et dans une courbette lui répondit :
- Mais avec plaisir Monsieur.
Elle glissa sa main dans la sienne et ils se dirigèrent ensemble sur la piste où les quelques notes d’un nouveau slow s’élevaient.
Il posa son autre main sur sa taille et la guida dans un tourbillon de sons et de lumière.
Il sentait son parfum et la douceur de sa peau contre sa joue et réalisa qu’elle avait posé sa tête contre son épaule.
Son cœur battait à tout rompre mais en même temps, il souffrait le martyr.
La musique prit alors fin et Hermione s’éloigna de lui, laissant un froid immense s’installer entre eux.
- Merci Ronald Weasley, dit-elle d’une voix incroyablement douce en plongeant son regard dans le sien.
Ron sourit et l’abandonna aux bras de Harry pour une nouvelle danse.
Bouleversé par cet instant, il se retira dans la demeure afin de se retrouver un peu seul et entra dans le salon où se trouvait l’horloge comtoise.
La nuit était tombée et les étoiles scintillaient par la fenêtre. Le tic tac irrégulier de la pendule semblait poignarder son cœur.
Soudain, quelqu’un entra dans la pièce et quand il se retourna, il vit la silhouette de Viktor Krum se découper dans l’embrasure.
Il referma la porte et se dirigea vers Ron avec un éclat meurtrier dans le regard.
Une nouvelle fois, ils se toisèrent, sachant d’avance que rien d’agréable n’allait être dit ce soir là.
- Je ne veux plus que tu t’approches d’elle, gronda le Bulgare.
- Hermione est mon amie, répondit Ron avec froideur.
- Elle est ma femme maintenant et je ne veux plus te voir lui tourner autour.
- Alors je te conseille de l’enfermer car rien ni personne ne m’empêchera de la voir si elle me le demande.
Krum crispa la mâchoire et, sans prévenir, lui envoya son poing dans la figure.
Ron s’étala de ton son long et se relevant sur un coude le fixa avec animosité.
- Prends garde à toi Weasley. La prochaine fois, j’utiliserai ma baguette.
Viktor tourna les talons et sortit sur cette menace.
Le jeune homme se releva, bouillant de rage, et d’un geste furieux renversa l’horloge et son horripilant tic tac qui alla se fracasser dans un grand bruit au sol.
Mais sa colère ne fut pas apaisée pour autant et il continua à s’acharner sur la pendule, la réduisant en miettes comme l’était son cœur.
A bout de souffle, il s’effondra par terre et pleura toutes les larmes de son corps.
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