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Lupiot Elève de Troisième Année

Nombre de messages: 297 Age: 19 Localisation: Tours, France métropolitaine Date d'inscription: 17/10/2006
 | Sujet: Re: Petit Jeu 8 Fév - 21:17 | |
| Hello ! Au rendez-vous comme promis :p Bonne lecture j'espère Petit, chapitre 7 -Justement, parlons-en de Voldemort ! vociféra deux jours plus tard le ministre de la magie, dans son magnifique et stylisé bureau ministériel, drapé d’une de ses nombreuses robes à dorures échancrée, typiquement ministérielle. C’était un grand homme, relativement compétent, mais précisément très ‘relativement’. Son oncle occupait un fauteuil à vie dans l’assemblée du Magenmagot, son paternel profitait d’une retraite méritée d’ancien Ministre de la Magie et sa sœur aînée caracolait dans les sondages du côté humanitaire. C’était un homme intelligent que l’on avait nourri d’orgueil par intraveineuse depuis son adolescence, sans pouvoir lui transmettre ainsi l’héritage diplomatique de la famille. Il n’était pas fait pour son métier et tâchait avec d’autant plus d’ardeur de démontrer le contraire, engueulant ses collègues pour ses propres torts dès que l’occasion se présentait. -Parlons-en de Voldemort ! Que lui avez-vous « PRIS » ? Il tendait un parchemin noirci sur lequel scintillaient quelques mots tracés d’un rouge incandescent. Dumbledore se tenait raide et légèrement furieux devant son interlocuteur excité qui ne tentait plus, depuis les quelques années qu’il avait acquis ce poste, de fignoler un speech quelconque quand il s’adressait à Dumbledore car le vieil homme saisissait le moindre secret de procédure par la moindre tournure de phrase, le moindre mot dit de travers. Le ministre réduisait donc son discours. -Trois attaques ! Un vrai carnage ! Et chaque fois le même mot ! Texto ! Dumbledore est seul responsable ! Il ricana sur le mot « responsable ». - Dumbledore est seul responsable de ces pertes… déplorables. Il sait très bien qu’il lui suffit de me rendre ce qu’il m’a pris – et tout cessera. C’est signé ! C’est même signé, s’exclama-t-il non loin de la lamentation. Monsieur le Ministre de la Magie colla le mot sous le nez de monsieur le Directeur de Poudlard. -Et encore, ce n’est qu’une copie. Les Aurors qui ont touché l’originaux sont morts dans… Il hésita à employer la formule toute faite des ‘atroces souffrances’ bien qu’elle lui sembla la plus adaptée. Il frissonna. Dumbledore ne saisissant pas le parchemin il dut le remballer. -Plus de cinquante civils ! rien que dans la dernière attaque… Il est sûrement même en train de préparer l… -Pourquoi ne m’avez-vous pas averti ? -… Excusez-moi, vous ne lisez pas les journaux ? railla le ministre. -Je suis au courant de ce que veulent bien écrire les journalistes. Pourquoi le ministère ne m’a-t-il pas personnellement averti que Voldemort cherchait à me contacter ? Vous avez bien mentionné trois attaques… ? -Parce que VOUS pensez que Voldemort cherche à VOUS contacter en assassinant à tour de bras ? -Il n’aurait pas laissé ces lettres explicites, je n’aurais pu que le supposer. Mais au vu de ce dont vous consentez enfin à me faire part… Dumbledore s’adressait toujours à lui comme s’il posait des questions, lui qui en savait invariablement plus que tout le monde. C’était très désagréable. -La première attaque date déjà d’une semaine, dit le vieux sorcier de sa voix rocailleuse menaçante. Songez que vous auriez éventuellement pu éviter des morts en me mettant au courant. -Hin hin ! Vous vous prenez pour le sauveur du monde ? Et comptez-vous lui rendre ce que vous lui avez pris ? -Je vais négocier. -…Avec Voldemort ! Le ministre était sincèrement trop incrédule pour émettre une objection. Et, Dumbledore avait, il était vrai, maintes fois démontré sa capacité à dévier (ou régler) des désastres. De son côté, Dumbledore appréciait une énième fois la fantastique aptitude à semer la zizanie de Lord Voldemort. Agrémenté de son inévitable don pour la manipulation… (« …il lui suffit de me rendre ce qu’il m’a pris – et tout cessera. » Que Voldemort promette de ne plus lancer d’attaques meurtrières serait une excellente nouvelle s’il elle n’était pas entachée d’une légère hypocrisie. Passons. Le directeur de Poudlard se devait d’entrer en contact avec Voldemort au plus vite. Afin de gagner du temps. Le mage noir ne pourrait pas éternellement mobiliser ses troupes pour des descentes sanglantes en centre-ville. Tels étaient les espoirs de Dumbledore quand il quitta le bureau du Ministre de la Magie. Mais celui-ci le rappela au dernier moment avec une drôle d’expression sur le visage. Un sourire qui se cache. -Hep ! Dumbledore. Si j’en reçoit un autre… Il secoua le parchemin noir. -Je le donne à la presse. Merlin que cet homme était déplaisant. -Pour nos citoyens anglais, j’espère que vous n’en recevrez pas d’autre monsieur le ministre. Cependant, votre poste serait d’avantage en péril que le mien, je vous prie de me croire. Au revoir. _________________ Je ne suis pas celui que voux croyez
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|  | | Lupiot Elève de Troisième Année

Nombre de messages: 297 Age: 19 Localisation: Tours, France métropolitaine Date d'inscription: 17/10/2006
 | Sujet: Re: Petit Jeu 8 Fév - 21:21 | |
| (suite) °°°°°°°°°°°°°° °°°°°°°°°°°°°° -P’tit dèj ! entonna une voix claire et gaie ce matin là. Harry fut saisi hors de son rêve. Il émergea des couvertures la bouille en bataille, les yeux mouillés et un sourire aux lèvres. Les dernières bribes de son rêves disparurent instantanément et le visage en cœur à l’air chafouin de Tonks les remplaça. -Hello boy ! -Bon…bonjour… -Je ne sais vraiment pas ce que tu as fait à ce pauvre elfe mais il s’est mis à pleurer quand on lui a dit de t’apporter ton plateau. -Ah… ah oui. La veille, Harry s’était énervé sur cette créature. Simple exutoire à sa tension des trois derniers jours ; la brûlure de sa boucle d’oreille s’était faite sentir à plusieurs reprises le laissant dans un sentiment de frustration croissante. En parallèle, le père et les frères de Ron avaient passé la journée à Godric’s Hollow et, les voir ensemble, Mr. Weasley tentant d’apprendre à son plus jeune fils comment tenir à califourchon sur un balais tandis les jumeaux roux assaillaient leur géniteur en lui sautant sur le dos pour lui coller des trucs bleus et gluants dans les cheveux ; l’ambiance générale avait conféré à Harry un malaise difficilement identifiable. La tension de la fureur dans les mâchoires et la boule de l’injustice dans l’estomac, il fallut finalement que tout cela sorte. A noter que – facteur non négligeable, une petite séance d’Astérix rappelant sans peine à un calme relatif – notre petit brun n’avait plus rien à lire non plus. En grimpant les marches de l’escalier les nerfs sous tension, Harry s’était heurté à Bok et, par une décharge de magie impulsive – dont il déplorerait le gâchis plus tard – lui avait fait traverser la cloison en rageant à propos des elfes de maison. (« C’est dégoûtant ! »). -Pain, indiqua la jeune femme, et chocolat chaud. Elle lui fit un clin d’œil. Harry était encore un peu dans le brouillard. -Ah merci, fit-il. Tonks posa le plateau sur les jambes du garçon, fit tomber la moitié du pain, articula un « oh, m**** » et se pencha pour le ramasser. Tout à fait instinctivement et ne croyant pas à la réalité de la chose, Harry tendit les doigts, saisit la baguette qui dépassait de sa poche arrière et la posa à côté de lui, sous les couvertures. Tonks lui rendit ses tranches de pain, le salua et quitta la pièce. Serrant sous les draps son âme providentielle, Harry se sentit renaître. Tranquillement, il but son chocolat chaud, appréciant l’éternelle chaleur qui coulait dans sa gorge. Il mangea tout le pain, et rien que pour le plaisir de prononcer une formule magique, décupla le fond de chocolat de son bol qu’il re-but avec encore d’avantage de bonheur. Ensuite, ayant fait lévité le plateau jusqu’à sa porte et croisé les jambes, il s’accorda quelques instants de réflexion. Une baguette entre les mains, c’était une sacrée aubaine. Même, avec un peu de savoir-faire, un ticket pour l’Albanie. Il fallait à tout prix éviter que cette charmante étourdie se rende compte qu’elle avait égaré sa baguette. Sentant avec délice sa magie affluer vers sa main droite, Harry prononça un Accio baguette amoureux. Il attendit, légèrement angoissé. Si sur le chemin, sa baguette passait devant le nez de quelqu’un, il était cuit. Elle apparut enfin, glissant avec réticence au niveau du sol. Le garçon se jeta dessus de peur qu’elle ne s’échappe et poussa un graaand soupir de soulagement. Après quoi il rendit invisible la baguette de Tonks et rangea la sienne dans sa poche de pyjama, de manière, évidemment, à ce qu’on ne la voit pas. Harry dansa quelques secondes d’un pieds sur l’autre au milieu de l’escalier. Coup d’œil. Dans le salon, il n’y avait ni Dumbledore, qui était sacré foutument observateur, ni le vieux parano grognon, qui donnait la chair de poule au garçon. Avec un élan à couper le souffle, Harry se jeta au bas des marches et traversa le salon comme une fusée, pour se jeter dans les bras de Tonks. Il la serra fort contre lui, rouge pivoine, dans une apparence de câlin bienheureux. -Merci pour le chocolat chaud. La pauvre fille, estomaquée, lui fit un grand sourire et le souleva pour lui faire un bisou. Harry lui rendit un grand smack et se carapata, une baguette en moins désormais dans la poche de sa propriétaire d’origine. Kingsley Shacklebot, spectateur halluciné de cette (assez) surprenante scène de tendresse, interrogea sa future collègue du regard. Celle-ci lui signifia d’un air joyeux qu’elle n’y comprenait pas grand-chose non plus. L’Auror haussa les épaules et retourna à sa gazette. De retour dans sa chambre, Harry ouvrit grand son armoire. Gagné, il y avait un ciré. (Pas fous les londoniens.) Il s’en saisit et attrapa également les chaussures moldues dont l’avait attribué Dumbledore le jour de leur sortie, assez pratiques. Puis il s’habilla normalement. Robe sorcière légère et sans manches, bleue foncée ; cape d’été bleu ciel (un model pour enfants totalement ridicule : de petits balais voletaient le long des bordures et sur le capuchon) ; et godillos enfantins de cuir, classiques. Il rétrécit le ciré et les sandales à scratch qu’il mit dans la même poche que sa baguette. Dumbledore et le Pr. Flitwick, un petit homme à la physionomie extravagante, se joignirent à eux pour le déjeuner. Harry dut supporter deux fois le récit de ses mamours à Tonks du matin ; les joues cerise, il garda le silence, très concentré sur la capture de ses champignons. Au dessert, il leva le nez de son assiette : -Vous serez là, cet après-midi ? demanda-t-il à la barbe argentée. Les yeux de Dumbledore, donnant éternellement l’impression de comprendre au-delà des mots prononcés, pétillèrent. Harry espérait bien que parfois, certaines choses échappaient tout de même au vieil homme. -Eh bien non, j’ai à régler quelques affaires avant la fin de l’année scolaire, dit-il après une fugitive grimace contrite. -Alors, qui sera là ? questionna Harry en tentant de s’exprimer avec désinvolture. -La pétillante Nymphadora (un sourire charmeur aux lèvres, Dumbledore esquissa un geste de la main vers la jeune femme) et Monsieur Shacklebot. Tu sais que tu peux leur demander ce dont tu as besoin. -Heu… , commença Tonks, je me demandais si je pourrais sortir en ville cet après-midi. J’ai oublié de vous en parler. Elle fit une petite grimace désolée. Apparemment Dumbledore n’était pas d’accord. -J’ai décidé qu’il y aurait toujours deux personnes pour tenir compagnie à Harry, dit-il sévèrement. Harry faillit tousser pour le principe. ‘Pour me tenir compagnie ?? Pour m’avoir à l’œil, tu parles !’ Il piqua du nez dans sa crème chantilly, histoire de se faire oublier. Tonks avait l’air de vouloir insister. Elle avait sans aucun doute rendez-vous avec une amie pour faire les boutiques, et pas du tout à cœur de décommander. -S’il vous plaît… , supplia-t-elle. Dumbledore jeta un œil à l’Auror à sa gauche, qui assura d’un signe de tête qu’il pouvait couvrir seul l’étendue de l’après-midi. -Harry ? appela-t-il. Leurs regards s’accrochèrent. Le garçon se détourna rapidement, haussa les épaules et finit ses framboises à la chantilly. -Tu seras sage ? Harry avala lentement et dit « oui ». Salazar, mentir à cet homme… était bizarrement difficile. « Oui. » Dumbledore accorda donc à Tonks son autorisation de sortie. En quittant la table, Harry se retint de siffloter. A quinze heures vingt-huit, Shacklebot alla aux toilettes. Harry descendit à toute vitesse mais le plus silencieusement possible au salon, où il réduisit son Petrof pour le mettre dans sa poche gauche. Le garçon courut encore jusqu’au portail orné scellant la propriété de Godric’s Hollow, où il dut s’y reprendre à six fois avant de parvenir à l’abîmer suffisamment. Il avait sa baguette et, si sa magie s’était un peu engourdie de par son inactivité, ses pouvoirs sortaient bruts, reposés, neufs comme au premier jour ; la résistance du portail ne pouvait être due qu’aux renforcements de Dumbledore. Dès lors que l’on jouait dans le camp adverse, ce type était un vrai poison. Harry se mit à quatre pattes puis à plat ventre, plissant les yeux à cause de la poussière que remuaient ses mouvements dans la terre sèche, bouche fermée et narines retroussées. Il se glissa comme un lapin hors de son terrier à travers l’ouverture de barreaux recourbés, se releva en toussant et s’épousseta. Il faillit crier de joie comme pour sa première évasion, mais se rappela qu-il n’avait pas de temps à perdre et se mit à courir, ou plutôt à sautiller avec allégresse. Après douze mètres il s’arrêta cependant, se retourna pour faire la nique au manoir et s’enfuit, pour de bon. _________________ Je ne suis pas celui que voux croyez
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|  | | Lupiot Elève de Troisième Année

Nombre de messages: 297 Age: 19 Localisation: Tours, France métropolitaine Date d'inscription: 17/10/2006
 | Sujet: Re: Petit Jeu 8 Fév - 21:31 | |
| (et voilà le dernier bout!) °°°°°°°°°°°°°° °°°°°°°°°°°°°° Ce n’était pas tout ; c’était bien beau, mais comment faire ensuite ??! Harry marchait depuis deux bonnes heures. Il avait volontairement évité le centre-ville de la capitale anglaise, pensant par un raisonnement qu’il ne s’expliquait pas très clairement qu’un jeune sorcier de huit ans poursuivi par Albus Dumbledore s’y ferait plus facilement repérer. Le garçon vagabondait depuis un petit quart d’heure dans les rues de plus en plus étroites de banlieues de moins en moins citadines. Il retrouverait bientôt le style de campagne environnante dans laquelle s’élevait majestueusement l’ancien manoir des Potter. Il n’avait pas trouvé de cachette suffisamment vaste et discrète pour accueillir un éventuel débarquement de mangemorts, dans le cas où l’Héritier se servait de sa boucle d’oreille magique. Il lui fallait donc gagner cette campagne. Peut-être y attendrait-il la nuit. Dans l’angoisse constante de se faire capturer certes, mais au moins pas dans celle d’un rapatriement raté. °°°°°°°°°°°°°° °°°°°°°°°°°°°° -Je n’ai pas réagi assez vite, s’incriminait lui-même le bon vieux Kingsley. J’aurais dû penser tout de suite… Ça faisait quelques jours qu’il ne tentait plus de s’évader ; quand j’ai vu que le piano avait disparu je me suis dit qu’il voulait y jouer dans sa chambre, et je ne suis même pas monté voir. C’est cinq minutes plus tard… j’ai pensé ! comme dans un moment de lucidité, mais lentement ! …Comment peut-il emporter le piano là-haut sans baguette ? Je me suis précipité là-haut. Je cherchais encore, et j’allais avertir monsieur Dumbledore quand il est arrivé de lui-même, avec l’air d’avoir déjà compris. Il est parti tout de suite ! -Il fallait que ça arrive, le réconforta Tonks. Vous avez fait une petite erreur, mais elle venait s’ajouter à d’autres. J’aurais dû être là. Dumbledore a donné un peu trop de sa confiance à ce môme. Et le gosse, il est malin. Voilà. -Je vais donner ma démission. L’Auror était assis sur les marches de marbre, tête basse. Tonks se sentit envahie de tristesse. -Il ne faut pas, dit-elle lentement, sinon vous perdez toute chance de vous racheter… -… -Je veux être Auror. -… -N’abandonnez pas. -… Kingsley Shacklebot eut l’air de se remémorer une bêtise qu’il avait commise. Puis, mi-blasé, mi-amusé, il releva le menton. -Vous savez ce qu’il a laissé dans la chambre ? -… ? -Allez voir. La jeune femme hésita et monta les marches. Elle poussa la porte à poignée bleue derrière laquelle tout était dans l’ordre approximatif qui y avait régné durant le séjour d’Harry. Couvertures gentiment tirées dans une vague imitation du lit « fait », armoire grande ouverte, l’unique chaise était poussée dans son coin de chambre attitré. Au milieu de la pièce, sur le parquet vernis, le petit empilement des trois bandes dessinées desquelles dépassaient trois parchemins. Sur le tout, une feuille de velours était pliée. En son sein, compta Tonks, vingt-trois pièces de monnaie - probablement moldues car elles ne ressemblaient à rien de connu. Avant de quitter le magasin de musique, Harry avait fait un petit détour par la caisse, soucieux de ne rien devoir à Dumbledore. N’ayant aucune idée de la valeur et encore moins du prix des choses, quatre poignées de pièces lui avait paru correct pour rembourser le piano. D’ailleurs, sous les Livres anglaises, un petit mot assez difficilement déchiffrable, écrit en lettres d’imprimerie avec une plume, et figurant plusieurs pâtés, mentionnait : Pour Dumbledore, pour le piano. La jeune fille rit et se mit à pleurer. Bien qu’ayant le sentiment de violer le droit d’Albus à regarder tout ça le premier, elle ouvrit les albums. Astérix chez les Belges été dédié à « Monsieur Remus » ; Astérix chez Cléopâtre à Dumbledore (le legs était suivi d’un incompréhensible embrouillamini duquel il fallait apparemment tirer que 1.le garçon ne voulait pas que Dumbledore se vexe qu’il refile les livres dont il lui avait fait cadeau à d’autres personnes, 2.si les personnes désignées n’en voulaient pas, les Astérix étaient pour l’Ordre du Phoenix – pour tout le monde sauf Maugrey, désigné par un assemblage de lettres assez invraisemblable : ‘Mawgree’ suivit d’une tête de bonhomme avec une croix sur l’œil, les sourcils froncés et un arc de cercle incliné vers le bas à la place de la bouche – ou pour Ronald, 3.tout le monde avait été correct et assez gentil, sauf quand ils l’avaient kidnappé, et Harry espérait qu’ils ne le kidnapperaient plus.) Sur le parchemin de la dernière bande dessinée, Astérix légionnaire, il y avait écrit « Pour Tonks », et dessiné un bol de chocolat fumant qui jetait magiquement des clins d’œil, toutes les cinq secondes. Quand Arthur Weasley, le premier des membres de l’Ordre à rentrer bredouille de ses recherches, pénétrerait dans Godric’s Hollow, ce serait pour trouver ses deux collègues dans le même état qu’en cet instant où il n’était que dix-sept heures. Kingsley Shacklebot une bouteille de sherry à la main, la tête reposant sur la rambarde de l’escalier, les pieds ballants, et Nymphadora Tonks mi-pleurant mi-riant à l’étage, devant des bandes dessinées moldues. °°°°°°°°°°°°°° °°°°°°°°°°°°°° La nuit tomba. Harry, caché à la moldue parmi des buissons, à proximité de maisons plutôt campagnardes réparties de manière éparse, entra dans une phase de nervosité insoutenable. Il préférais attendre la nuit noire, mais trouvait qu’elle tombait avec une lenteur insolente, cette foutue nuit. Il se sentait tout de même relativement joyeux de s’être remémoré de ses quelques parties de cache-cache avec Severus que la magie était aisément repérable. Pas de bouclier donc, ni de sortilège caméléon. Il perdait constamment au début, et en finissait même par bouder. -Je t’ai trouvé. -…
Harry garda obstinément le silence, persuadé que Severus jouait la carte du hasard. Ce n’était pas possible qu’il l’ait déjà trouvé, lui qui avait mis la moitié du décompte à découvrir cette planque imparable. De son côté, Severus rigolait doucement. Harry s’énerva. Il donna un coup de pied agacé au fond de sa caisse.
-Allez Harry, sors de là. -Je suis pas là, répondit-il d’une voix polaire.
Severus haussa les sourcils et ouvrit le battant de planches cloutées qui recouvrait la benne à cadavres. Dans la pénombre malodorante de la boîte à mort, il poussa des doigts un corps, pour tomber sur le visage fermé et boudeur de l’enfant de six ans dont il s’était vu confié l’éducation. Il l’attrapa par les aisselles et l’extirpa de ce fouillis en se mordant la lèvre pour ne pas rire. Harry se dégagea dans une rebuffade. On aurait pu faire tenir un gallion sur la moue de sa lèvre inférieure. Il croisa les bras. Le mangemort replaça une mèche de ses cheveux gras derrière son oreille.
-Allez viens. Ça va être l’heure du dîner. -Comment vous faîtes ! s’exclama le garçon.
Severus avait envie de le taquiner.
-Comment je fais quoi ? -Mééé ! Me trouver ! -Je cherche.
Harry tapa du pied.
-Mais vous avez une TECHNIQUE.
Severus sourit. Harry lui sauta dessus et le bourra de coups de poings, et son malheureux instructeur éclata de rire.
-Allleeez ! -Ch… Arrête. Tu vas manger. -Mais dîîîîîtes ! -Bon recule. (Il fit une pause) La magie laisse une trace. Dès que tu l’utilises, une petite partie s’échappe dans l’air, et stagne jusqu’à trop s’égarer, se dissoudre, pour être repérable. -Aaah…Oh…alors je devais vous flécher le chemin, comprit Harry, dépité. -Oui. -Mais ! Il y a de la magie partout, ici… -Exact, normalement je n’aurais pas pu discerner tes sortilèges. Même si des sorts tous frais se voient comme le nez au milieu de la figure, dans un endroit si empreint de magie, il est presque impossible de faire du repérage… -Alors ? -Je connais bien ta magie, lui dit Severus en se penchant vers lui. Je la connais par cœur ; je peux la retrouver les yeux fermés dans une forêt de druides de trois hectares.
Harry était soufflé.
-Mais, moi, dit-il doucement, déçu, je ne la sens pas, votre magie… -Mais si… Hm. Ça n’est pas facile pour les enfants. Tu sais, la plupart des pouvoirs d’un sorcier se développent vraiment à l’adolescence. Mais je pense que tu la sens un petit peu ?
L’enfant fit signe que non, le visage pâle.
-Demain, nous irons hm…autour de la propriété.
Harry regarda les hautes herbes et petits arbres malades qui émergeaient çà let là, à deux cent mètres environ des murs extérieurs du château.
-Je jetterais un sort, puissant, et toi tu viendras d’un endroit vierge de magie vers moi. Tu verras. Ça te sautera à la figure.
Harry fit un sourire timide. Puis il parti dîner. Les yeux d’Harry s’habituèrent progressivement à la noirceur ambiante. Il se rendit compte que la pluie commençait à tomber, et se félicita d’avoir pensé au ciré – il n’en aurait finalement pas besoin mais que voulez-vous, c’était son lancé de fleurs personnel. Le garçon resta lové dans les buissons et, les yeux fermés à s’en fendre les paupières, pressa la boucle d’oreille argentée entre son pouce et son indexe. Je suis là. Il attendit. Il était certain que Lord Voldemort avait reçu le message. Mais peut-être croirait-il à un piège ? Un vicieux traquenard de Dumbledore ? Hn, pas trop le genre… Par mesure de sécurité, Il s’entourerait sans doute de quelques mangemorts…les meilleurs bien sûr… Les appeler prenait un petit peu de temps, voilà pourquoi il n’avait pas transplané sur-le-champ. Soudain ils furent là. Lucius, dont les longues mèches du blond de l’enfance appelaient le regard comme plusieurs bougies au cœur de cette nuit. Bellatrix, aux gestes éternellement désagréables – grâce, dédain, dégoût, fierté, joie malsaine, ricanement nasillard – mais était-ce l’espoir de Le retrouver ? l’enfant était content de tous les voir. Severus. Severus Snape. Toujours là. Un peu en retrait – égal à lui-même – mais présent. Lord Voldemort. Lord Voldemort ! Harry courut vers lui. Lucius et Bellatrix, qui avaient tendu leurs baguette lorsqu’il avait jailli des fourrés, s’écartèrent sur son passage, et l’enfant se jeta dans Ses robes. Les trois mangemorts détournèrent pudiquement le regard. Harry était si content ! L’étoffe sous ses doigts rendait réelle sa présence à Ses côtés, leur présence mutuelle. Il relava bien vite la tête, et s’écarta de dix centimètres, très enclin à retrouver au plus vite la dignité d’héritier qui faisait le quotidien de sa vie jusqu’à un peu plus de trois semaines auparavant. Il se sentait si heureux ! Il en aurait pleuré. Il ne voulait pas se montrer faible devant Voldemort, pas une fois de plus, pas après cet honteux enlèvement. Aussi, il resta muet, conscient de la boule dans sa gorge qui bullerait un sanglot au premier mot prononcé. -Harry… Incapable d’émettre un son, le garçon hocha la tête avec un grand sourire, les yeux humides. Le cou basculé en arrière car Il était bien trop grand, il cherchait du regard les contours du visage du Seigneur des Ténèbres. Mais dans la nuit, et sous le capuchon, il distinguait à peine la lueur de ses yeux rouges. Harry sentit tout de même la main osseuse se poser sur son crâne, et l’attirer vers Lui, dans un geste d’affection public qu’excusait heureusement le transplanage d’escorte imminent. -Severus ! appela le jeune héritier après son dîner, d’un ton extatique. Je sens Sa magie ! Severus !
Le mangemort finit par paraître, refermant délicatement la porte des quartiers des serviteurs, derrière lui. Il avait les sourcils froncés des moments d’agréable solitude que l’on vient troubler pour une raison stupide. Il interrogea l’enfant de six ans du regard, avec mise en garde. Alors le petit lui intima, en recourbant l’indexe, de s’approcher ; et quand le mangemort fut à demi-accroupi près de lui, ce fut l’enfant qui se pencha, pour prononcer avec un sourire fier ce dont Severus se souviendrait comme les seuls mots qu’Harry aurait jamais volontairement prononcés d’un air supérieur à son encontre :
-Sa Magie, je pourrais la repérer les yeux bandés dans une forêt grouillante des Mages Noirs les plus puissants de tous les temps. Et même sans Elle, ajouta-t-il en baissant le ton, je le retrouverait rien qu’au bruit de Ses pas.
Severus regarda le gosse s’éloigner. Remué, comme souvent. Il se garda bien d’apprendre à Monseigneur que ses capacités ne devaient rien à la magie. Il partit s’en fumer une.£££*£££*£££*£££*£££*£££*£££*£££ Fini pour ce mois-ci !  ça vous a plu ? Vous pouvez laisser un petit message en cliquant sur ce lien : http://hp7-leforum.heavenforum.com/viewtopic.forum?t=984Je pars 3 semaines aux Etats-Unis (départ le 17) donc ne m'en veuillez pas trop si le chapitre du mois de Mars arrive avec du retard... BYE !  _________________ Je ne suis pas celui que voux croyez
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